Portrait fictif : Jessie Burlingame

Portrait fictif est une série d’articles présentant une fois par mois un personnage féminin de la littérature qui m’a marquée. Je vous y présenterai le personnage dans la saga, quel est mon rapport à ce personnage et enfin pourquoi je pense qu’elle est intéressante à présenter dans cette série d’articles. Pourquoi me concentrer uniquement sur les personnages féminins ? Il existe des personnages masculins tout aussi géniaux, mais souvent quand on cite des personnages, cela va être souvent les personnages masculins qui vont venir à l’esprit. Je veux faire en sorte que l’on pense aussi aux personnages féminins. Enfin, c’est un moyen pour moi de vous faire découvrir autrement mes lectures.

N.B. – D’habitude je vous met une représentation du personnage, ici j’en ai aucune, ça sera donc juste la couverture du livres…

jessieJe dois vous avouer que jamais je n’aurais pensé de parler de Jessie dans portrait fictif. Elle fait pourtant partie de ces personnages littéraires qui m’ont énormément marqué. Elle est d’ailleurs le personnage féminin appartenant aux romans de Stephen King qui m’a le plus marquée. Des années après ma première lecture, je me souvenais encore d’elle. Néanmoins, elle n’a jamais fait partie des personnages dont je comptais parler un jour. Alors, pourquoi vous en parlez aujourd’hui ? Eh bien parce que cet article n’est pas comme les autres, je l’écris en collaboration avec une super amie et super blogueuse Noémie. Si vous suivez ce blog depuis le début, ce nom vous dit peut-être quelque chose, car j’avais parlé de sa page Facebook littéraire ! Depuis, elle a migré vers un blog WordPress : Demy Notebook. Et pour le découvrir, je vous propose de commencer par sa critique du roman Jessie de Stephen King.

Alerte rouge avant que vous n’alliez plus loin ! Il va avoir des éléments de l’intrigue qui vont être révélés. Généralement, j’essaie de ne pas aller trop dans les détails dans l’intrigue, mais là tout le récit dépend de l’histoire de Jessie. Étant donné que je n’étais même pas née quand le livre est sorti, je ne me sens pas trop coupable. Je vous avertis néanmoins pour ne pas vous gâcher votre (peut-être ?) future lecture.

Jessie au premier abord semble être l’unique personnage de son roman. Elle se retrouve menottée à un lit, son mari meurt PAF. Bon bha voilà, il n’y a plus qu’elle. Du coup, techniquement, elle est effectivement le seul personnage du roman durant une grosse partie de l’intrigue. Cependant, une personne ce n’est pas juste un être à un moment X. C’est aussi l’ensemble de ses souvenirs, de ses réactions, de ses pensées. En ce sens, le personnage de Jessie est fascinant, parce que tout le roman repose sur ce qu’elle est, sur son passé et ce qui l’a amené là. Au premier abord, Jessie semble être le personnage fade par excellence. (Elle se décrit elle-même comme étant pas mal fade je trouve.) C’est une femme au foyer, sans enfant, mariée à un avocat, sans vraiment d’ami, qui s’ennuie dans sa vie et… c’est tout. Sauf que Jessie, elle est tellement plus que ça. Elle est la représentation de la condition féminine dans notre époque moderne.

Jessie c’est une victime. Elle est victime d’attouchement de la part de son père. Elle est victime de viol conjugal de la part de son mari. Elle est victime de la société qui l’oblige à se la fermer, à ne rien dire et à faire comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Lors de ma première lecture, je n’avais pas eu conscience de tout ça. J’étais restée sur le côté angoissant d’une femme menottée à son lit dans une maison de campagne perdue loin de tout. Cependant, le personnage de Jessie est bien plus que ça. Durant la période où elle est attachée au lit, elle va se retrouver à faire une introspection sur elle-même. Rapidement, on veut juste lui tendre la main et lui dire qu’elle n’est pas seule. Cependant, ce n’est pas facile d’attraper une main qui nous tend, quand on préfère oublier. Plusieurs femmes dans l’entourage de Jessie ont essayé de l’aider, mais elle a fui. Parce qu’on lui a fait comprendre que si elle ose parler de ce qu’elle a vécu, elle va détruire des vies. Parce que la société, son père, son mari, lui ont fait comprendre qu’elle était coupable.

J’aurais voulu vous dire plus de Jessie. Vous dire ce qu’elle aime dans la vie, ce qu’elle est vraiment. Cependant, tout le roman se contente de nous la présenter comme une victime, jusqu’à ce qu’elle se libère de ses menottes. C’est un symbole très fort, car en se libérant de ses menottes, elle se libère en même temps de son passé. En lisant Jessie, j’ai aussi eu l’impression qu’elle représentait bien l’ensemble des personnages féminins de Stephen King. De tous les romans que j’ai lus de lui, j’ai le sentiment que ses personnages féminins sont brisés. Elles ont quelque chose de cassé en elles, qui ne va pas. Jessie cristallise cette impression. Elle est l’ultime personnage féminin de Stephen King. Cela n’empêche pas de trouver dans ses romans des personnages féminins très forts et intéressants.

Si vous avez en tête des personnages féminins de Stephen King qui ne sont pas brisés ou n’ont pas été brisés au cours de l’intrigue je veux bien que vous me les partagiez en commentaire ! Bon vu qu’on est dans de l’horreur, c’est vrai que c’est dur d’avoir un personnage qui n’est pas brisé. Disons qui n’ont pas été brisés en raison de leur genre (viol, etc.) Par brisé j’entends aussi des personnages sains d’esprit, qui ne font pas des trucs chelous (kidnapper des gens, aspirer l’âme des gens, etc.)

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