Les sirènes

John_William_Waterhouse_-_MermaidQuittons les légendes terrestres, pour aller découvrir un royaume aquatique merveilleux : celui des sirènes. Quand on évoque ce nom, on peut penser à Ariel, qui est loin d’être une digne représentante de ces créatures aquatiques. En effet, même si l’on retrouve de nombreuses différences physiques entre ces êtres, elles ont toutes en commun le fait de charmer homme et femme pour mieux les noyer. Dans cet article, j’ai fait le choix de me concentrer sur les êtres qui sont soient désignés comme étant une sirène, soient qui correspondent à la définition d’une sirène. Je vous parlerai dans un prochain article des autres créatures marines telle que les selkies, les ondines, les nyxes ou encore de Sedna.

Buste de femme et queue de poisson, cette représentation pourrait rappeler la fée Mélusine dont je vous avais parlé dans un précédent article. Cependant, selon les lieux et les époques, les sirènes n’avaient pas toujours cette représentation. D’ailleurs en anglais, il existe deux termes pour les désigner siren pour la sirène de la mythologie greco-latine et mermaid pour la sirène nordique qui est aujourd’hui la représentation que l’on a. Que ce soit les sirènes ou bien les êtres légendaires approchant, on a essentiellement une représentation féminine de ces créatures. Elles apparaissent généralement séductrices et destructrices ou bien victimes d’un homme.

Les sirènes gréco-latines

Les sirènes apparaissent la toute première fois dans la littérature au chant XII de l’Odyssée d’Homère. Mentionnée tout d’abord par la magicienne Circé qui met en garde Ulysse. Ce dernier réussit à sortir indemne de sa rencontre avec ces créatures grâce à sa ruse. En effet, ces dernières cherchent à attirer les marins avec leurs chants pour mieux les dévorer ensuite. Il fait boucher les oreilles des membres de son équipage, tendit que lui-même est attaché à un mat. Ainsi, il est le seul homme qui écoute le chant des sirènes tout en étant en vie. La seconde évocation des sirènes dans la mythologique gréco-latine est dans le récit des Argonnautes avec Jason. Cette fois-ci, Orphée va couvrir de son chant celui des sirènes. Les deux fois les sirènes vaincues se suicideront. Ce qui est souvent le cas dans la mythologie gréco-latine, les créatures sont soient tuées, soient se suicident si elles sont vaincues. Le héros ainsi ne se contente pas de faire face à un danger d’origine divine, il libère aussi le monde de ce danger.

Dans la mythologie gréco-latine, les sirènes sont tout d’abord des oiseaux à tête de femmes. À partir du troisième siècle avant Jesus-Christ, elles possèdent des bras et un buste, se rapprochant ainsi plus de la représentation de la sirène que l’on a aujourd’hui. Si les mythes s’accordent sur le fait qu’elles étaient avant d’être ces créatures de belles vierges. La raison de leur métamorphose diffère : malédiction divine après avoir offensée Aphrodite, déesse de l’amour ou bien transformées par Déméter pour ne pas avoir su protéger Perséphone. Ou encore elles auraient demandé d’elles-mêmes d’être transformées en oiseaux pour retrouver leur compagne Perséphone qui a été enlevée par Hadès, le dieu des Enfers. Toutefois, ce qui est retenu des sirènes gréco-latines, c’est qu’elles sont séductrices et cherchent à tuer ceux qui auraient le malheur d’entendre leur chant.

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Quand l’Église s’en empare

Le mythe de la sirène est repris par l’Église romaine. Les sirènes deviennent alors l’équivalent du serpent du jardin d’Eden provoquant la chute de ceux qui voudraient avoir connaissance de leur chant. Tout comme le serpent charme Ève pour que celle-ci mange le fruit défendu de la connaissance. Au Moyen-âge, les créatures fantastiques étaient représentaient dans des bestiaires. Ce sont des recueils illustrés de créatures réelles et imaginaires. Cela a permis à la sirène d’être ancré dans la réalité. Pendant longtemps, la sirène conserve sa forme d’oiseau. Ce n’est qu’entre 1121 et 1135, que la sirène est décrite pour la première fois en France avec une queue de poisson (et des pieds de faucons en même temps…) C’est au huitième siècle que la sirène apparaît pour la première fois avec une queue de poisson décrite ainsi par un moine anglais. La sirène séduit alors non seulement grâce à son chant, mais aussi grâce à son apparence physique ! Pendant toute une période du Moyen-âge, on a un mélange de la représentation de la sirène nordique et de la sirène gréco-latine. Parfois, ça sera l’une ou l’autre qui est représenté, parfois elles sont même mélangées. Il est toutefois conservé, cette vision que la sirène est une femme voluptueuse et qui causera la perte de ceux qui cèdent au pécher.

Le Moyen-âge est une époque de mouvements de populations et de voyages. Entre les invasions mutuelles, les marchands et les mouvements de populations, il y a un mélange des cultures et donc des mythes et légendes. La sirène gréco-latine va donc disparaître au profit d’une version chrétienne, qui va se retrouver influencée par les différents récits. La sirène va gagner une image de créature romantique et charmante au dix-neuvième siècle avec le conte danois d’Andersen : La Petite Sirène. Cependant, la sirène tentatrice, qui cherche à entraîner et noyer les marins imprudents ne disparaît pas pour autant. Il va donc avoir deux sirènes. Celles que l’on retrouve dans les mythes et les légendes, qui va chercher avant tout à noyer ou kidnapper et celles qui sont présentes dans la littérature moderne ou les films où elles sont charmantes et agréables.

La sirène moderne

La représentation de la sirène varie énormément selon l’époque et le lieu. Cependant, la représentation d’une femme-poisson pour désigner la sirène est avant tout européenne. Souvent les représentations des sirènes ailleurs seraient plus celles de fée aquatique. Il n’y a a guère qu’au Japon que l’on retrouve une ressemble physique. La ningyo (femme-poisson) est une créature à la queue de poisson, buste de femme et une bouche de singe. Toutefois, les différentes représentations des créatures aquatiques ont en commun le rôle d’expliquer des phénomènes naturel (la noyade, la disparition en mer, les tempêtes) ou moralisateur.

Ce qui est fascinant dans la sirène, c’est de voir comment, elle a évolué à travers le temps et surtout à quel point elle est présente dans la culture littéraire et populaire aujourd’hui. Il existe de nombreuses autres créatures qui lui ressemblent et sont tout aussi fascinantes, mais qui sont bien moins connues. On peut trouver des plaid queues de sirènes, des communautés de sirènes et je ne parle même pas de sa présence dans la culture populaire. Elles ont même le droit à des poèmes ! Tel que la Loreley d’Apollinaire. Je pense que l’importance qu’on leur accorde par rapport aux autres créatures, c’est parce qu’elle se retrouve dans de nombreux pays européens sous différentes formes. Tendit que les autres créatures sont généralement connues dans une région en particulier. On parlera des nyxes d’Allemagnes, des selkies celtiques, etc. La sirène est l’une des rares créatures à être présente dans différents pays !

Et vous, est-ce que vous aimez les sirènes ? Est-ce que vous avez envie que je fasse un article sur une créature mythologique particulière ?

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4 réflexions sur “Les sirènes

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