Vers la fin des lectures publiques gratuites ?

L’un des moyens de faire découvrir la lecture à des jeunes lecteurs et des lecteurs un peu moins jeunes ou bien tout simplement de partager une œuvre littéraire ce sont les lectures publiques. Le 20 janvier 2018, la semaine prochaine, le ministère de la Culture organise d’ailleurs la deuxième édition de la Nuit de la lecture. Au cours d’une soirée, librairies et bibliothèques sont invitées à faire partager leur passion de la littérature à travers des spectacles, des animations et des lectures publiques. Ce qui est vraiment génial comme principe. Sauf que cette année, la Nuit de la lecture prend une teinte un peu grinçante.

nuit-lecture-bibliothèques-librairies

La Société Civile des Éditeurs de Langue Française ou SCELF est une société créée par les éditeurs, pour les éditeurs dont le but est de récupérer les droits de représentations des livres qu’ils éditent. Si une personne veut faire un film, une pièce de théâtre, etc. sur un livre, elle doit payer à la SCELF des droits d’adaptation. La lecture publique est considérée comme telle. Cela a toujours été le cas. La différence c’est que depuis le 1er janvier 2017, les lectures publiques dépendent du SCELF et ils ont décidé de faire payer toutes les lectures.

Les bibliothèques, les libraires, les enseignants, etc. devront désormais faire une demande pour la moindre lecture et surtout payer pour pouvoir lire un livre que ce soit dans son ensemble ou juste des extraits. Mais ne vous inquiétez pas, un auteur ou une autrice pourra toujours lire son livre gratuitement. Enfin durant un an suivant la publication faut pas abuser non plus. Passer un an, l’autrice ou l’auteur devra payer pour pouvoir lire son propre livre en public. Par contre les éditeurs eux n’auront jamais à payer.

Autre problème. Un éditeur n’a pas automatiquement les droits de représentation d’un ouvrage. Il faut que l’autrice, l’auteur les cède. Or, le catalogue proposé par la SCELF propose des livres dont les droits n’ont pas été cédés à l’éditeur. Si quelqu’un doit être payé dans ce cas-là c’est l’auteur, l’autrice ! Bien entendu, la SCELF va les payer. Enfin, après avoir prélevé leur commission et que la maison d’édition ait pris à son tour la moitié de la somme restante.

Les lectures publiques c’est un moyen de faire découvrir la lecture, de faire découvrir un livre. Rendre payante une lecture gratuite cela revient presque à interdire une lecture publique. Le ministère de la Culture est l’un des ministères avec le plus petit budget. Si des lectures gratuites sont organisées, c’est tout d’abord pour permettre à toute la population d’y avoir accès. Tout le monde n’a pas les moyens de payer pour assister à une représentation. La lecture ce n’est pas uniquement rester dans son coin à lire un livre, la lecture cela peut être aussi un merveilleux moment de partage.

Bien entendu il ne faut pas opposer les méchantes maisons d’édition aux gentil (le) s autrices, auteurs. Beaucoup d’éditeurs, d’éditrices, ont conscience de l’importance des lectures publiques rien que pour promouvoir un livre. Actuellement, des discussions sont en cours à ce sujet et autrices et auteurs se mobilisent pour faire entendre leur voix. En tant que lecteur, lectrice, on peut aussi intervenir en parlant autour de nous : que ce soit nos proches ou bien sur notre blog, sur les réseaux sociaux, etc. de ce qui se passe. Il est aussi possible de signer cette pétition pour apporter un peu plus de poids : Contre les prélèvements SCELF sur les lectures sans billetterie : Shéhérazade en colère !

Et pour ne pas conclure sur une note négative, dans un prochain article je vous présenterai Shéhérazade et vous comprendrez que si la SCELF existait dans son univers, elle aurait soit dû être très très riche, soit perdre la tête !

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12 réflexions sur “Vers la fin des lectures publiques gratuites ?

  1. Ada dit :

    J’en avais vaguement entendu parler, mais là, c’est plus clair, ça devient vraiment du n’importe quoi, et j’espère que ça ne sera jamais validé. Le comble, c’est quand même de faire payer l’auteur pour qu’il lise son propre livre plus d’un an après sa publication… On touche le fond, là !

    Aimé par 1 personne

    • Babitty Lapina dit :

      Je pense que l’auteur qui doive payer pour lire son propre texte c’est le summum du ridicule ! C’est dommage qu’on en parle pas trop dans les médias. Le seul média qui a relayé la pétition c’est par ActuLitté qui relaie le moindre événement littéraire x) En tout cas je suis contente si cela a plus t’éclaircir à ce sujet !

      Aimé par 1 personne

  2. mabiblio1988 dit :

    Je n’étais pas du tout au courant de ce fait. Ca devient du grand n’importe quoi… En soit, l’idée n’est pas bête pourquoi taxer les films et la musique et pas la lecture. Par contre, pourquoi est-ce que c’est l’éditeur qui doit tout rafler ? L’auteur devrait en percevoir une partie, c’est son travail qui est lu quand même. Même pour lire son propre livre, il va devoir payer. Sérieusement où va le monde du livre…
    Je vais aller signer cette pétition !!! je vais aussi partager ton article, si tu me le permets bien sûr

    Aimé par 1 personne

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