Zoom sur… Lolita de Vladimir Nabokov

Moi je m’appelle Lolita
Lo ou bien Lola
Du pareil au même

lolita-1997

Moi… Lolita chantée par Alizée dans les années 2000 est une chanson qui a fait très rapidement partie du top 50 et elle a même été reprise par Julien Doré neuf ans plus tard. Chanson rythmée avec des passages que l’on retient très facilement. Elle raconte l’histoire d’une collégienne qui attire les regards des hommes juste parce que c’est une adolescente. Je me souviendrais toujours de ces mecs beaucoup trop âgés, parfois même avec leurs enfants, qui essayaient de me draguer quand je rentrais du collège. J’aime beaucoup néanmoins cette chanson et j’aime encore plus le roman qui l’a inspiré : Lolita de Valdimir Nobakov.

Face à ce roman, il y a de nos jours encore deux attitudes. Les personnes qui rejettent totalement ce roman, qui sont même choquées que l’on puisse apprécier ce roman. De l’autre côté, il y a ceux qui considèrent que cela fait partie des 100 romans à lire dans une vie. Je fais partie de ces personnes-là, et ce malgré son récit.

Lolita est un roman/confession écrit à la première personne par le personnage principal. Humbert Humbert raconte comment il est tombé amoureux de Dolorès, la fille de sa logeuse et tout ce qui va s’ensuivre. Il va notamment kidnapper l’enfant et parcourir les États-Unis avec cette dernière. Ce roman a pour particularité de sublimer l’atrocité. Dolorès n’est qu’une enfant quand Humbert Humbert tombe sous son charme. Très rapidement néanmoins il explique qu’elle cherche à le séduire, qu’elle est amoureuse de lui, qu’elle initie aussi des rapports sexuels. Étant donné que c’est son point de vue, il se présente presque comme une victime. Bien sûr. C’est la faute de Lolita qui a osé le séduire, elle une adolescente toute jeune, qui probablement voulait juste vivre sa vie.

Tu dois commencer à comprendre pourquoi beaucoup rejettent ce roman. Nobakov a d’ailleurs beaucoup de mal à le faire publier. Le manuscrit est rejeté par six éditeurs américains qui craignent des poursuites judiciaires ou morales. Il va finalement le faire publier en France par Olympia Press, une maison d’édition publiant des fictions érotiques et avant-gardistes en anglais. Le roman est censuré un an plus tard aux États-Unis d’Amérique. Gallimard de son côté publie une traduction en Français et trois ans plus tard, la censure est levée. Il va être un énorme succès et aujourd’hui il est vendu à plus de 15 millions d’exemplaires à travers le monde.

Comment un roman qui a connu la censure et qui choc encore de nos jours peut autant se vendre ? Et bien c’est en grande partie dû à son style, je pense. Je n’accorde généralement très peu d’importance au style d’un auteur ou d’une autrice pourtant. Dans Lolita l’écriture sublime l’horreur. Le texte est beau en lui-même. Le style fait partie du récit. Il ne fait que renforcer la dépravation du personnage et fait que l’on accroche. Très peu de personnes peuvent écrire sur les interdis moraux de la société. Il est très facile de proposer une œuvre grossière où l’on se contente de balancer des horreurs les unes après les autres. Lolita est une œuvre qui doit déranger.

Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita.

Nobakov n’approuve pas la sexualité d’Humbert Humbert. Il a toujours été très clair à ce sujet. De son roman, l’expression lolita est entrée dans le langage courant, désignant une jeune fille qui plaît par sa jeunesse. Certaines définitions vont jusqu’à définir cette jeune fille comme aguicheuse. Une jeune fille ne devrait jamais être vue ainsi. Lolita est une œuvre terriblement contemporaine, fort heureusement, rare sont des Humbert Humbert. Néanmoins nombreux sont ceux (et je désigne uniquement les hommes ici) qui se permettent de draguer de jeunes adolescentes. Même si ce n’était pas le but de l’auteur avec ce roman, je vois dans Lolita une dénonciation du comportement des hommes et c’est surtout pour cela que j’aime beaucoup ce roman. Selon la lecture que l’on a de ce roman, il devient bien différemment.

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10 réflexions sur “Zoom sur… Lolita de Vladimir Nabokov

  1. Adlyn dit :

    Je n’ai pas encore lu ce roman mais je suis très intéressée de le faire. Je comprends ses détracteurs mais ne pense pas comme eux pour autant : mettre en scène une déviance, ce n’est pas plus l’encenser que la condamner. C’est la montrer, rappeler qu’elle existe et réveiller l’opinion publique dessus. Aux lecteurs d’en faire ensuite leur combat.

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    • Babitty Lapina dit :

      Quand on lit le roman on comprend plus facilement le point de vue des détracteurs. Surtout que l’auteur n’en fait pas un combat ou une dénonciation pour moi. Il faut vraiment lire ce qui est écrit autour du livre pour le savoir. Quoi que la manière dont finit Lolita sous-entend très fortement les ravages que cela peut avoir sur la victime. J’espère qu’il te plaira !

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  2. Ada dit :

    Chronique très intéressante ! Depuis le temps que je dois le lire, mais ça ne se fera pas cette année… Tu penses que c’est une sorte de dénonciation ? Il y en a qui pensent que c’est pas vraiment son but, mais dans ce cas-là, c’était lequel ?

    Aimé par 1 personne

    • Babitty Lapina dit :

      Je ne pense pas que ce soit une dénonciation. Il se serait inspiré d’un fait divers peut être… Pour moi il voulait juste raconter un récit. Je l’ai découvert en cours d’écriture créative quand on travaillait sur les déviances, moi j’avais du coup écrit un texte sur un roi nécrophile. Dans mon texte il n’y avait aucun jugement, le mec il voulait juste faire sa vie et avoir des relations sexuels avec des cadavres fin de l’histoire xD Je pense pas qu’il y ait besoin d’un but pour écrire, parfois tu as juste une histoire à raconter.

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  3. lutinreveurblog dit :

    J’ai lu beaucoup d’analyse sur ce livre sans pour autant l’avoir lu et tous les avis se recoupent. Ca m’intrigue car j’ai en revanche vu le film… et Lolita est très sexualisée et ce n’est pas dû au regard de Humbert Humbert. On dirait que c’était un choix narratif pour l’excuser, la justification un peu bidon de « elle fait plus que son âge » alors qu’apparemment dans les livres le personnage est purement pédophile et déteste le corps des femmes adultes ? C’est mon ressenti sur le film, si ça se trouve je n’ai juste rien compris de la démarche.

    Aimé par 1 personne

    • Babitty Lapina dit :

      Je trouve que le film s’est complètement planté en sexualisant autant cette pauvre Lolita… Dans le livre, elle a juste l’attitude d’une adolescente lambda en conflit avec sa mère. Rien que l’affiche où elle est hyper sexualisé, je la trouve pas génial et qu’on tombe à côté du propos du livre…

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