Rencontre avec Gisele Foucher – partie 1

9782376971023-475x500-1Il y a quelques temps, j’ai eu la chance de gagner à un concours organisé par les éditions Ynnis l’essai de Gisele Foucher, Les femmes de Game of Thrones, illustré par Célia Beauduc. Essai qui m’a totalement emballé, j’ai adoré la manière dont il est structuré, les analyses qui font réfléchir sur les personnages, etc. Je me suis lancée dans les essais que cette année et celui-ci est de loin le plus accessible que j’ai lu jusque là et je le recommande chaudement si tu aimes la série Game of Thrones. Suite à cette lecture, j’ai rencontré l’autrice, Gisele Foucher, qui a bien voulu répondre à mes questions. Cette rencontre se fait en deux parties, dans la première nous échangeons autour de son écriture en général, quant à la seconde, elle est centrée sur le livre en lui-même.

Et si tu es sur Paris, tu pourras retrouver Gisele Foucher Le jeudi 9 janvier 2020, de 19h à 22h, au Dernier bar avant la fin du monde pour séance dédicace et séance de questions / réponses ! Tu peux retrouver ses livres sur Amazon et la suivre sur son blog !

Quel est ton personnage préféré dans la saga ?

J’avoue avoir une préférence pour Cersei. J’aime ce personnage parce qu’il est complexe. On ne sait pas trop si elle aime vraiment ses enfants ou s’ils sont juste une extension d’elle, à travers desquels elle vit. On pourrait la trouver égoïste et en même temps elle a ces élans maternels qu’elle ne peut empêcher d’apparaître, comme elle le dit elle-même. J’aime son côté fragile, qu’elle a décidé d’effacer totalement au profit d’un caractère dur, violent et sans pitié, alors qu’elle est quelqu’un d’effrayé derrière. J’ai vraiment apprécié le personnage. C’est toujours pareil, on aime les supers vilains, parce qu’ils offrent un challenge ! [rire]. Sans eux, les héros ne se surpassent pas.

J’ai trouvé ça super chouette que tu aies donné un côté très humain au personnage de Cersei, que l’on voit souvent comme une grande méchante et c’est tout, on ne voit pas souvent ça dans les analyses.

Mon agent, avec lequel j’ai pas mal échangé durant l’écriture du livre – il est fan de Game of Thrones lui aussi – n’était pas entièrement d’accord avec cette analyse, il disait : « Il est difficile d’avoir de la compassion pour une femme aussi horrible ! ». On a eu des débats assez passionnés là dessus ! Je pense qu’on ne peut pas s’arrêter aux seuls actes de Cersei, il y a tout un monde derrière ; sans l’excuser, on peut chercher à comprendre ce qui se passe en elle. Ce qui est parfois difficile, je le conçois. Mais j’ai trouvé le personnage très intéressant.

Et tu as eu d’autres débats comme ça avec ton agent ? Des conflits sur d’autres personnages ?

Non, pas de conflit, on a eu des discussions passionnantes qui ont été complémentaires. Il s’est posé la question d’intégrer Meera, mais je ne l’ai pas trouvé intéressante. Évidemment elle suit Bran dans sa quête, le protège, mais j’étais pas inspirée par elle.

Dans la série elle est très effacée, dans le livre elle a plus d’importance, je trouve. Dans la série elle est très secondaire.

Oui, tout à fait. Et nous avions décidé de nous concentrer sur la série, car sinon cela devenait trop complexe. Certains parcours diffèrent tellement entre les livres et la série ! De plus, j’aurais vite été coincée avec les romans puisque GRR Martin n’a pas terminé d’écrire sa saga.

Dans quel personnage tu te retrouves le plus ?

C’est un peu un mixte de plusieurs personnages. Je me retrouve assez dans Arya ; j’aime le côté chevalier et droit de Brienne. Est-ce que je me retrouve dans Cersei ? Non, pas vraiment, même si je suis attachée au personnage. J’avoue admirer l’esprit mordant d’Olenna Tyrell et la subtilité d’esprit de Margaery, même si je reconnais que leurs réparties ne sont pas très sympas pour les autres ! Mais j’aime cet esprit fin et intelligent, à la répartie rapide. Je dirais donc un mixte d’Arya, de Brienne et d’Olenna, pour schématiser.

Qu’est-ce qui définit pour toi un bon personnage féminin dans la littérature ?

J’apprécie beaucoup le courage, l’envie de se dépasser, de traverser les difficultés, d’aller jusqu’au bout des choses. Je n’aime pas trop le côté fleur bleue dans les personnages féminins, je préfère le côté un peu garçon manqué. De la droiture, une volonté d’aider les autres aussi. C’est tout cela qui rend pour moi un personnage féminin intéressant.

Dans ce sens, est-ce que tu vois une évolution dans les personnages féminins dans la littérature ? Pendant longtemps, on a plutôt eu des personnages féminins fleurs bleues. Est-ce que tu ressens une évolution dans ce que tu lis ?

Oui, tout à fait, et surtout dans les livres d’auto-édités. Dans la littérature fantasy entre autres, à laquelle je m’intéresse depuis un an ou deux. J’y trouve que la structure psychologique des personnages féminins a évolué, a été enrichie par des qualités un peu plus « masculines », sans perdre forcément sa partie féminine. Dans cette volonté de faire tomber les systèmes établis et d’exister en tant que personne qui a son mot à dire. J’ai trouvé cela chez de nombreux auto-édités. Mais il est vrai que je n’achète pas les prix Goncourt, je préfère découvrir de nouveaux auteurs qui ne sont pas (encore) dans la lumière.

Et est-ce que tu as des titres d’auto-édités à suggérer ?

[Note de Babitty, la liste a été ajoutée après l’interview, d’où la coupure par rapport au reste de l’échange]

Jupiter Phaeton – Kacy Matthews
Denis la plume – Le Président Providentiel
Tony Gruner – Nounours
Dima Zales – les dimensions de l’esprit
David Dolo –
Edouard B.M. Lapierre – La grande faille
Henrique Laso – La neige la plus sombre
Aloysius Chabossot – Fallait pas l’inviter !
Jérôme Camut – Malhorne
Sophie G. Winner – ALE 2100
Ludovic Ferier – Un père d’asiles
Paul Ivoire – La guerre des millions et Quand reviendront les cygnes

Certains ne sont plus auto-édités à l’heure qu’il est, ils ont été attrapés par des maisons d’éditions, mais je les ai connus comme tels à l’époque.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans l’écriture en général ?

[Rire] Déjà, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs personnes autour de moi qui m’ont donné l’amour de la langue française et des belles histoires. Que ce soit à l’école, à la maison, dans les bibliothèques, en parlant avec les gens. Des gens passionnés m’ont initiée à tout ce qui était roman, romans historiques surtout. Ils m’ont montré une autre facette de l’Histoire que celle dispensée sur les bancs de l’école – où je me suis ennuyé à mourir ! – et j’ai été accrochée.

J’avais également un frère qui me demandait, quand nous étions petits, de lui raconter tous les soirs une histoire nouvelle qui devait sortir de mon imagination. Exercice difficile, mais cela a contribué à développer mon imagination. Parce qu’il était exigeant : si ce n’était pas assez bon, il fallait que je revoies l’histoire !

A côté de cela, ayant été insomniaque dans mes jeunes années, je passais le temps en lisant tout ce qui présentait à moi : ce que je trouvais à la maison, ce qu’on pouvait me prêter, etc. Je lisais beaucoup de romans policiers, des BD, des Marvel, des tragédies, de la poésie. J’ai eu accès à une culture livresque plutôt vaste, qui m’a donné envie de continuer en grandissant.

J’étais surtout attirée par la poésie à l’époque. Elle me fascinait car elle fait passer mille et une émotions avec peu de mots, comporte des portes dérobées, est sujette à multiples interprétations. J’ai donc commencé à écrire de la poésie à 13 ans et j’ai continué pendant plusieurs années. Je cherchais toujours à en dire le plus, avec le moins de mots possible ; cela m’a énormément aidée pour la concision et le choix des mots dans l’écriture.

Écrivaine n’a pas été le premier métier auquel j’ai pensé. Déjà parce que je n’écrivais quasiment que de la poésie, et surtout j’avais peur de la critique. Je ne faisais lire à personne ce que j’écrivais, surtout que mes écrits étaient très intimes et je ne voulais pas être détruite. [Rire] Je suis donc passée par d’autres métiers artistiques, notamment le chant lyrique, qui a été pour moi un autre moyen de transmettre un maximum d’émotions dans quelques notes.

Mais plus tard je me suis rendue compte que je voulais faire passer certains points de vue sur la vie et offrir un peu de magie, pour faire rêver. La magie fait partie de mon monde, cela m’a toujours accompagné, depuis toute petite. Je voulais vraiment faire passer ça, alors je me suis lancée. J’ai commencé par publier un peu de poésie, puis un petit thriller fantastique, une sorte de roman policier étrange saupoudré d’humour. Pour un premier roman, j’ai voulu l’écrire dans la peau d’un homme. Oui, j’avoue, je m’étais attaquée à un style difficile. Mais c’est sorti tout seul. J’ai tout écrit dans le métro, que je prenais pas mal à l’époque. J’utilisais ce que je pensais être le langage et les pensées d’un homme. Il a été publié en compte d’auteur à l’époque. Quand Amazon est arrivé en France, je l’ai republié en auto-édition. Par la suite j’ai eu diverses commandes d’éditeurs et j’ai écrit toutes sortes de livres, dans des domaines très différents.

Pour la seconde partie, cela se passe par ici !

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